"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 25 avril 2017

Livre sur José Muñoz, Gardien de la Portaïtissa

Du Mont-Athos à Optino, José Muñoz, Pèlerin de la Portaïtissa et Martyr (Claude Lopez-Ginisty)
Publié le 18 avril 2017 par editionsdudesert



Icône du néomartyr José Muñoz portant l’îcône de la Portaïtissa

José Muñoz, devenu moine orthodoxe Ambroise du Mont-Athos, humble gardien de l’Icône de la Portaïtissa, est mort martyrisé en 1997. L’auteur de ce livre, témoin direct et ami de José, eut la grâce de le rencontrer souvent et de l’accueillir chez lui avec l’Icône. À notre demande, il accepta avec humilité d’écrire l’histoire de sa vie. Mais ces pages bouleversantes, exigeantes de vérité, nous entraînent bien au-delà d’une biographie. Tel une icône, ce livre ouvre la porte de l’Invisible illuminant le chemin du Royaume, celui qu’a emprunté le pèlerin José, effacé derrière la Toute-Pure. Consumé d’amour pour Dieu, il livra jusqu’au bout le bon combat.

« Nous allons parler d’un martyr de notre temps, écrit Claude-Lopez-Ginisty dans son Avant-propos. Il vivait en esprit avec les martyrs de tous les temps et de tous les lieux (…). Il fut sur notre terre des vivants un homme simple marchant pieusement vers le Ciel où il demeure à présent. Il obtint du Christ par sa prière fervente le don précieux d’une icône miraculeuse qu’il accompagna dans le monde et donna sa vie pour que ses frères l’aient en abondance de guérisons et de grâces. 

Il devint moine secrètement au Mont-Athos. Il fut torturé à mort à Athènes où il reçut la couronne du martyre. Du Mont-Athos en Grèce, à Optino en Russie, où on le vénère à présent, son itinéraire spirituel est constellée de bénédictions insignes. » 

« (…) En rassemblant tous les témoignages de ceux qui l’ont connu, on s’aperçoit qu’il n’est pas réellement possible d’écrire autre chose que l’histoire de l’Icône et de frère Joseph. Cela est voulu. C’est que sa vie réelle fut celle de gardien fidèle de l’Icône et que son autre vie, il y renonça totalement en choisissant de devenir moine. 

Il disparut quand disparut l’Icône, c’était là sa seule vie véritable, elle était cheminement lent, sûr et douloureux vers le Ciel. Y ayant atteint enfin, il nous laisse le soin de méditer sur ce que fut son errance mystique sur la terre des vivants. »

ISBN 978-2-914857-30-7

Sur le blog saint Materne



Je crois en l'Église Une... (A.S. Khomiakov 1/12)

Un des articles du Credo dit "je crois en l'Église Une"
Qu'est-ce que peut bien signifier cet article que diverses Églises locales divisées ou déchirées, récitent pourtant chacune de leur côté? Un célèbre poète et auteur théologique, co-fondateur du mouvement pan-Slave, en a donné un excellent résumé au 19ème siècle. Seuls quelques détails historiques gagneraient à être mis à jour par des remarques complémentaires, détails qui n'étaient pas encore d'application au temps de l'auteur, ceci expliquant cela.
Par ses échanges de correspondance théologique avec plusieurs éminents représentants de la High Church dans la Communion Anglicane, Alexis Stepanovich Khomiakov les a amenés à découvrir la plénitude de l'Église. Un exemple à suivre en ces temps d'indifférentisme, de relativisme, et autres maladies spirituelles profondément ancrées en Occident.

Texte anglais sur un site internet du Vicariat de Rite Orthodoxe Occidental du Patriarcat Grec-Orthodoxe d'Antioche:

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"L'Église est Une"
par Alexei Stepanovich Khomiakov (1804-1860)

avec une introduction par l'archiprêtre George Grabbe
[Église Orthodoxe Russe Hors Frontières, futur évêque d'une autre branche russe, entré dans l'éternel repos le 7 Octobre 1995]
Note du transcripteur :
Rien n'a été modifié dans le livret; c'est la traduction intégrale du texte de Khomiakov, avec une introduction sur sa vie, et des notes marginales par l'évêque Gregory Grabbe, anciennement protopresbytre George Grabbe.
Ce livret a introduit nombre de gens dans l'Église Orthodoxe, et il est un des essais les plus courts et cependant les plus complets sur la Foi Chrétienne. Il a été rédigé par un laïc, et est trop limité sur certains sujets tels que la liturgie et les sources de la Tradition. Il est recommandé de complèter avec d'autres ouvrages par la suite.
La conversion de ce texte vers le format ASCII est dédiée à l'évêque Gregory Grabbe, anciennement protopresbytre George, qui rédigea l'introduction et traduisit "L'Église est Une". Il passa de cette vie vers sa bienheureuse récompense le 7 octobre 1995. Vechnya Pamyat! Mémoire éternelle!
Alexei Stepanovich Khomiakov est mort le 23 ou 25 septembre (Julien)/ 5 ou 7 Octobre (calendrier grégorien), presque la même date que l'évêque Gregory. L'évêque Gregory dit que Khomiakov est mort le 25 septembre, dans son introduction; d'autres sources, comme Lossky, disent 23 septembre.

[Note du traducteur en 2006 : En français, à ma connaissance, il n'y a que 4 ouvrages publiés sur Khomiakov. Ayant été publiés avant la seconde guerre mondiale, on ne les trouve qu'en bibliothèque. Un seul a été écrit par un auteur Orthodoxe, les autres sont soit préfacés soit écrits par des auteurs hétérodoxes. Ce sont d'excellents ouvrages, et par eux, j'ai découvert et appris à aimer Khomiakov.
1) "A.S. Khomiakov et le mouvement slavophile"
1a) "les hommes"
A. Gratieux
Unam Sanctam n° 5, 1939

1b) "les doctrines"
Unam Sanctam n° 6, 1939

3) "Préface aux oeuvres théologiques de A.S. Khomiakov"
G. Samarine
traduction G. Gratieux
collection Unam Sanctam n° 7, 1939

4) "Le mouvement Slavophile à la veille de la Révolution"
Présentation générale et une partie des écrits par A. Gratieux
Unam Sanctam n° 25, 1953
Le tout aux éditions du Cerf.]

Contenu :
A propos de l'auteur de cette Introduction 

Introduction: Les Khomiakov : Famille, accomplissements, vie spirituelle, oeuvres théologiques, mort

Note par l'évêque Gregory:
"Le livre 'L'Église est Une' a été divisé par l'auteur en 11 chapîtres ou paragraphes, sans titres. Dans cette édition, nous avons donné des titres à ces chapîtres, afin de faciliter l'usage du livre."

A propos de l'auteur de cette introduction:

Le révérend protopresbytre George Grabbe [futur évêque Gregory] a été requis de composer cette introduction afin de donner au lecteur Américain quelqu'information à propos de la vie d'Alexei Khomiakov. Le p. Grabbe était un petit-enfant en ligne directe de la fille de Khomiakov, Anna, qui avait épousé le Comte Michel Grabbe. Par sa grand-mère et ses autres parents, le p. Grabbe avait une connaissance de première main de l'esprit de la famille qui a produit ce grand théologien Russe.

Le p. Grabbe est né en Russie et a reçu sa formation théologique à Belgrade, Yougoslavie [Serbie]. Sa famille a toujours été active dans la vie de l'Église. Son père, le Comte Paul Grabbe, était un estimé membre du Concile Général de Russie en 1917 et fut le premier à lever le bras pour l'élection du patriarche.

Le p. Grabbe, lui-même, fut choisi par feu le métropolite Antoine de Kiev, un ami de sa famille, pour être chancellier du Synode des Évêques de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières. Il a occupé ce poste à partir de 1931. Avec le Synode, il se réinstalla dans ce pays en 1951. Depuis 1932, il a été l'éditeur du magazine du Synode, "Church Life", et a aussi participé à nombre d'autres revues théologiques russes. (ceci a été écrit en 1953)

Introduction

L'essai que nous présentons est un des traitements les plus inhabituels et provocatifs d'un sujet théologique jamais écrits. Il a été composé en 1844 ou 1845, mais n'a pas été imprimé avant 1863 – 3 ans après la mort prématurée de son auteur. C'est un document des plus surprenants parce qu'Alexei Stepanovich Khomiakov, qui l'a écrit, était un laïc sans la moindre responsabilité théologique officielle.

lundi 24 avril 2017

Une lettre sur Pâques d'un détenu inconnu d'un camp de concentration soviétique


Une personne peut vraiment pénétrer le mystère de la chute du premier homme, le sens mystérieux de la rédemption de toute la création et la grande victoire du Christ sur les puissances du mal, seulement lorsqu'elle est emprisonnées dans un camp de concentration soviétique pour ses croyances religieuses.
*
Ce n'est que lorsque nous souffrons pour les idéaux de l'Evangile que nous comprenons notre faiblesse pécheresse et notre indignité par rapport aux grands martyrs de l'Église chrétienne des premiers siècles. 

C'est seulement alors que nous percevons la nécessité absolue de la profonde humilité et de la soumission en l'absence de laquelle nous ne pouvons pas être sauvés; Seulement alors, commençons-nous à distinguer l'image passagère de ce qui est visible et de la vie éternelle de l'invisible.

Le jour de Pâques, tous ceux qui avaient été incarcérés pour leurs croyances religieuses étaient unis dans la seule joie du Christ. Exaltant le Dieu éternel, nous avons tous été remplis du même sentiment, du même triomphe spirituel. 

Il n'y avait pas de liturgie pascale triomphante avec sonnerie des cloches, il n'y avait aucune possibilité de se réunir pour l'office, de s'habiller différemment pour la fête, de préparer des plats pascaux. 

Au lieu de cela, il y avait encore plus de travail et même plus d'ingérence que d'habitude. Tous ceux qui ont été emprisonnés ici pour leurs croyances religieuses, pour différentes doctrines ont été entourés par encore plus d'espionnage, encore plus de danger de la part de la police secrète.

Néanmoins, il y avait Pâques, une grande, spirituelle et inoubliable Pâques. Elle a été sanctifiée par la présence parmi nous du Christ Lui-même, elle a été sanctifiée par les étoiles tranquilles de la Sibérie et par nos afflictions. 

Avec quelle joie notre cœur a battu en participant à la Grande Résurrection! 

La mort a été vaincue - il n'y a plus de peur - on nous a accordé une Pâques éternelle! 

Remplis de cette extraordinaire Pâques, nous vous envoyons des nouvelles triomphantes et joyeuses du camp de prisonniers, Christ est ressuscité!

Version française Claude Lopez.Ginisty
d'après
Version italienne:

Jean-Claude LARCHET: Recension: Cyrille d’Alexandrie, « Contre Julien », tome Il, livres III-V


Cyrille d’Alexandrie, Contre Julien, tome Il, livres III-V. Introduction et annotation par Marie-Odile Boulnois, texte grec établi par C. Riedweg (GCS NF 20), traduction par J. Bouffartigue (†), M.-O. Boulnois et P. Castan, « Sources chrétiennes » n° 582, Paris, Cerf, 2016, 663 p.
Ce volume présente la suite (livres III à V) du traité de saint Cyrille d’Alexandrie († 444) « Contre Julien », dont les deux premiers livres avaient été publiés dans la même collection en 1985 par P. Burguière et P. Évieux.
Dans cet ouvrage qui date d’environ 440, le patriarche d’Alexandrie réfute les critiques adressées aux chrétiens par l’empereur Julien dit « l’Apostat » intitulé Contre les Galiléens. Celui-ci avait été publié en 362-363, soit 80 ans plus tôt, mais à l’époque de Cyrille il était toujours perçu comme dangereux, bien que, considéré comme « démoniaque » par les chrétiens, il ait été massivement détruit au point que les citations contenus dans l’ouvrage de Cyrille en constituent aujourd’hui presque l’unique trace. Ce traité de Julien fait partie d’une lignée d’ouvrages anti-chrétiens rédigés par des philosophes païens, à laquelle appartiennent aussi le Discours véritable de Celse (178), qu’a longuement réfuté Origène dans son Contre Celse (248), ou le Contre les chrétiens (après 271) de Porphyre de Tyr, qui fut réfuté par Apollinaire de Laodicée en 370.
Julien adhère à la philosophie néo-platonicienne, mais possède néanmoins une bonne connaissance de la Bible. Il cherche a discréditer le contenu de celle-ci en tant que l’une des bases de la foi chrétienne, en montrant qu’elle est, soit assimilable à la mythologie (dans sa référence à un arbre de la connaissance du bien et du mal, dans son évocation d’un serpent qui parle, dans sa description de l’épisode de la tour de Babel…), soit réductrice (en concevant Dieu comme le dieu des Hébreux et donc comme un dieu national), soit blasphématoire (en faisant apparaître Dieu comme méchant, jaloux ou impuissant).
Pour le réfuter, saint Cyrille d’Alexandrie recourt non seulement à l’exégèse et à la théologie, mais aussi à la philosophie et à la littérature grecques qu’il cite abondamment.
La réfutation de Cyrille garde un caractère actuel, car les objections de Julien ont régulièrement été reprises sous diverses formes jusqu’à nos jours. L’assimilation de certains éléments bibliques à une mythologie a été fortement mise en avant dans les années 60 du siècle dernier dans la théologie protestante (R. Bultmann) et dans une partie de la théologie catholique qui préconisaient une « démythologisation » du christianisme. Le caractère fortement politique et nationaliste de certains épisodes de la Bible (bien qu’il soit plus valorisé par l’exégèse juive que par l’exégèse chrétienne), ou l’image d’un Dieu jaloux, vengeur, ou injuste donnée par d’autres épisodes posent problème à première lecture et appellent, pour être correctement compris, une exégèse adéquate dont cet ouvrage de saint Cyrille d’Alexandrie nous donne un bon exemple.
Un autre aspect intéressant de ce traité est qu’il oppose en de nombreux passages la Trinité chrétienne à la triade néo-platonicienne à laquelle adhère Julien, en montrant les déficiences de cette dernière conception de la divinité, dont le caractère hiérarchique s’inspire de l’hérésie arienne.
Jean-Claude Larchet

dimanche 23 avril 2017

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

10/23 avril
  Dimanche de l’apôtre Thomas « Antipâques »

Saints Térence, Pompée, Africain, Maxime, Zenon, Alexandre, Théodore et leurs 33 compagnons, martyrs à Carthage (249-251) ; saints Jacques, prêtre, Azadan et Audice, diacres, martyrs en Perse (vers 380) ; saint Pallade, évêque d'Auxerre (vers 658) ; saint Grégoire V, Patriarche de Constantinople, néo-martyr grec (1821) ; saints néo-martyrs de Russie : Phlégonte (Ponguilsky), prêtre (1938) ; Démètre (Vdovine), martyr (1942).
Lectures : Actes V, 12 - 20 / Jn. XX, 19-31


AU SUJET DU DIMANCHE DE THOMAS

N
ous commémorons ce dimanche l’apparition du Seigneur aux apôtres, après Sa Résurrection, et le toucher de Ses plaies par l’apôtre Thomas. L’apparition du Seigneur ressuscité à l’apôtre Thomas et aux onze autres disciples est fixée le premier jour suivant la semaine pascale, parce que les circonstances de cette apparition constituent une preuve incontestable de la Résurrection du tombeau, « comme de la chambre nuptiale, avec Sa chair immaculée ». Le huitième jour après Pâques, comme achèvement des solennités de la Semaine Lumineuse, constituait depuis les temps anciens une solennité particulière. Le dimanche de Thomas est également appelé « antipâques », ce qui signifie « au lieu de Pâques », parce que l’Église a transféré à ce dimanche une partie des antiques matines pascales, qui furent remplacées par celles de St Jean Damascène que nous célébrons de nos jours. Depuis ce jour commence le cycle des dimanches et des semaines de toute l’année. Selon l’usage de l’Église Russe, on commémore les défunts le mardi suivant le dimanche de Thomas. La raison en est que le typicon autorise de nouveau, la commémoraison des défunts à partir du lundi de Thomas. C’est ainsi que les croyants se rendent sur la tombe de leurs proches pour annoncer la joyeuse nouvelle de la Résurrection du Christ. De là vient l’appellation de ce jour « radonitsa » en russe (radost’ = la joie). La commémoraison des défunts après Pâques remonte aux temps les plus anciens. St Ambroise de Milan, dans l’une de ses homélies dit : « Il est digne et juste, après les solennités pascales que nous avons célébrées, de partager notre joie avec les saints martyrs, et de leur annoncer la joie de la Résurrection du Christ, à eux en tant que participants aux souffrances du Seigneur ». Ces paroles de St Ambroise, bien que se rapportant aux martyrs, peuvent confirmer notre usage de commémorer les défunts après Pâques, eu égard au fait que, dans les temps anciens, on enterrait les défunts parmi les martyrs.

Tropaire, ton 5
Хpистócъ вocкpéce изъ ме́ртвыхъ, cме́ртію cме́рть попра́въ и су́щымъ во гробѣ́xъ живо́тъ дарова́въ.
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Запеча́тану гбу, живо́тъ отъ гбa возсія́лъ ecи́ Xpисте́ Бо́же, и двépeмъ заключе́ннымъ, ученико́мъ предста́лъ ecи́, вcѣ́xъ вocкpecéнie : ду́хъ пра́вый тѣ́ми обновля́я на́мъ, по вели́цѣй Твое́й ми́лости.
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.
Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Любопы́тною десни́цею, жиз-нопода́тельная Tвоя́ péбра Фомá испыта́, Xpисте́ Бо́же : coзаключе́ннымъ бо двépeмъ я́ко вше́лъ ecи́, съ про́чими апо́столы вопiя́ше Тебѣ́ : Го́сподь еси́ и Бо́гъ мо́й.
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.
Au lieu de « il est digne en vérité » ton 1:
А́нгелъ вопiя́ше Благода́тнѣй: Чи́стая Дѣ́во, ра́дуйся, и па́ки реку́: Ра́дуйся! Тво́й Сы́нъ воскре́се тридне́венъ отъ гро́ба и ме́ртвыя воздви́гнувый: лю́дiе веселит́еся. Свѣти́ся, свѣти́ся Но́вый Iерусали́ме, сла́ва бо Госпо́дня на Тебѣ́ возсiя́. Лику́й ны́нѣ и весели́ся, Сiо́не. Ты́ же, Чи́стая, красу́йся, Богоро́дице, о воста́нiи Рождества́ Твоего́.
L’Ange dit à la Pleine de grâce : Vierge pure, réjouis-toi, et je te dis à nouveau : réjouis-toi ! Car ton Fils est ressuscité du Tombeau le troisième jour et a relevé les morts, peuples réjouissez-vous. Resplendis, resplendis, Nouvelle Jérusalem, car la gloire du Seigneur a brillé sur toi. Danse et crie de joie, Sion, et toi, Pure Mère de Dieu, réjouis-toi de la Résurrection de Ton Fils.

VIE DU hiÉromartyr GRÉGOIRE V, patriarche de CONSTANTINOPLE[1]  

Né en 1745 au sein d’une famille pauvre de Dimitsane, dans le Péloponnèse, saint Grégoire reçut sa première éducation de son oncle hiéromoine, puis alla s’installer avec lui à Smyrne. Devenu moine au monastère de l’île des Strophades, il compléta ses études théologiques à Patmos. De retour à Smyrne, le métropolite Procope, qui lui montrait une paternelle affection, le fit archidiacre puis l’ordonna prêtre, et lors de son élévation à la dignité patriarcale (1788), il fit sacrer Grégoire pour lui succéder. Pendant douze ans, le saint hiérarque gouverna avec sagesse et zèle apostolique la grande et riche cité de Smyrne, métropole de l’hellénisme en Asie Mineure. Il y fit reconstruire diverses églises, fonda des écoles et organisa un système de bienfaisance pour les déshérités. En 1797, il fut élu patriarche œcuménique et entreprit aussitôt de relever la dignité patriarcale en faisant reconstruire le palais du Phanar. Il fonda aussi une imprimerie dans laquelle on éditait des livres en langue vulgaire, qui contribuèrent grandement au réveil culturel et spirituel du peuple grec. Le saint hiérarque veillait à la stricte observance des canons ecclésiastiques et à la rigueur morale du clergé. En ces temps agités, où les Grecs, tenus depuis près de quatre siècles sous le joug ottoman, s’échauffaient et se préparaient au soulèvement général, le patriarche, conscient de ses responsabilités de pasteur, s’efforçait de tempérer les esprits téméraires, en consolidant toutefois en secret le sentiment national.

Après un an et demi seulement, il fut dénoncé au sultan par des évêques qu’il avait blâmés pour leur conduite et fut exilé à Chalcédoine, puis au monastère d’Iviron sur la Sainte Montagne. Pendant ce séjour forcé à l’Athos, le saint visita tous les monastères, prêcha la parole de Dieu et fut pour tous un modèle de vie monastique. Il donna alors sa bénédiction à saint Euthyme [22 mars] pour aller s’offrir au martyre et exprima sa joie et sa fierté à la nouvelle du martyre de saint Agathange [19 avr.], montrant ainsi qu’il considérait la mort par amour du Christ comme le but suprême et le couronnement de la vie chrétienne.

Rappelé au Patriarcat en 1806, il fut reçu avec enthousiasme par le peuple chrétien de Constantinople, et reprit courageusement son œuvre pastorale et de correction des mœurs ecclésiastiques. Mais, en 1808, un coup d’état ayant amené au pouvoir le sultan Mehmed II, on le contraignit à démissionner et à se retirer dans l’île de Prinkipo, puis de nouveau au Mont Athos où il reprit ses études patristiques et ses exercices ascétiques, tout en se tenant informé de la situation de l’Église et du peuple.

En 1818, il fut contacté par les membres de la Société Amicale, société secrète qui préparait la Révolution en essayant de réunir et de coordonner les forces dispersées. Grégoire montra avec enthousiasme son soutien pour la cause de la liberté ; mais, jugeant que le temps n’était pas encore mûr, il leur conseilla la patience. Peu de temps après, il fut rappelé pour la troisième fois sur le trône œcuménique et reprit son activité, encourageant en particulier la fondation des écoles où les enfants pouvaient recevoir une formation hellénique. Il organisa aussi une Caisse de la Miséricorde, qui recevait les fonds de Grecs fortunés pour l’assistance aux chrétiens en difficultés.
Lorsque commença, dans le plus grand manque d’organisation, l’insurrection des Grecs des principautés danubiennes (1er février 1821), il s’en suivit aussitôt de terribles et sanglantes répressions à Constantinople et dans tous les grands centres de l’empire ottoman. Tous les notables ayant des liens avec les principautés furent exécutés et quatre évêques furent arrêtés. Comme le gouvernement avait donné l’ordre de rassembler au Phanar toutes les familles des notables grecs de Constantinople, le patriarche, en vue d’éviter le massacre, se porta garant auprès de la Sublime Porte de leur fidélité. Non content de cette déclaration, le sultan contraignit saint Grégoire à signer l’excommunication du chef de l’insurrection, Alexandre Hypsilantès, et de ses compagnons.

Le 31 mars, on annonça le soulèvement général du Péloponnèse et, trois jours plus tard, le Grand Lundi, le Grand Interprète, représentant de la communauté grecque à la cour du sultan, fut exécuté avec d’autres notables. Prévoyant quel serait son sort et refusant les propositions de fuite, le patriarche disait : « Comment abandonnerais-je mon troupeau ? Si je suis patriarche, c’est pour sauver mon peuple, non pour le livrer aux glaives des janissaires. Ma mort sera plus utile que ma vie, car par elle les Grecs lutteront avec l’énergie du désespoir qui souvent procure la victoire. Non, je ne deviendrai pas la risée du monde en prenant la fuite, de sorte qu’on me montre du doigt en disant : “Voilà le patriarche assassin !” ».

Le jour de Pâques, 10 avril, saint Grégoire célébra, avec calme et grandeur, la Liturgie de la Résurrection, interrompu seulement par ses sanglots. À l’issue de la cérémonie, on lui confirma la nouvelle de la révolution dans le Péloponnèse. Il répondit alors : « Que maintenant comme toujours, la volonté du Seigneur soit faite ! » Quelques heures plus tard, on venait lui annoncer sa déposition et des janissaires le traînèrent sans ménagement en prison. Soumis à l’interrogatoire et à la torture, il gardait un majestueux silence qu’il ne rompait que lorsqu’on lui proposait de renoncer à sa foi, disant alors : « Le patriarche des chrétiens doit mourir en chrétien ! » Peu après, une fois son successeur élu par les membres du saint Synode, il fut pendu au portail d’entrée du Patriarcat, qui depuis reste fermé en commémoration de ce sinistre événement. Au dernier moment, saint Grégoire leva les mains vers le ciel, bénit les chrétiens présents et dit : « Seigneur Jésus-Christ, reçois mon esprit ! » Pendant que les Turcs et les Juifs lançaient des pierres sur le cadavre du patriarche, le magistrat qui avait été chargé de l’exécution se tenait assis devant lui en fumant.

On laissa le corps exposé pendant trois jours, avec, suspendu au cou, le document contenant son chef d’accusation. Finalement des Juifs l’achetèrent pour 800 piastres et le traînèrent par les rues, au milieu des quolibets et des cris de triomphe, puis ils le jetèrent à la mer. Malgré la lourde pierre qu’on y avait attachée, il surnagea et fut récupéré par un navire grec sous pavillon russe, qui le déposa à Odessa. Vénérée par la foule pendant plusieurs jours, la sainte relique ne montra aucun signe de corruption. En 1871, à l’occasion du cinquantenaire de la Révolution grecque, le corps du saint patriarche fut transféré à Athènes et déposé avec les plus grands honneurs dans la métropole.




[1]. Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.