"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

samedi 23 avril 2016

Père Ephrem: Le grand prédicateur

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Un  jour, un prêtre très âgé alla jusqu'à un village reculé dans le but de réconforter et de soutenir ceux qui y vivaient las de leur isolement. Le village était perché sur une falaise, véritable tableau vivant, et il y avait une petite église au centre, à côté de maisons en pierre féeriques. Derrière le sanctuaire de l'église était le cimetière du village avec des lampades constamment allumées, unissant hier et aujourd'hui.
Le vieux prêtre sonna les cloches de l'église et les quelques villageois se réunirent pour entendre ses paroles réconfortantes, puisque leur lieu de séjour étaient éloigné, et voué à la solitude. Avant que le staretz ne commence à parler, les yeux des villageois brillaient.
"Vous devez revenir pour nous parler. Nous sommes orphelins de la parole de Dieu," déclara le plus âgé du village. "Ça fait des années qu’un prêtre est venu nous parler de Dieu."
Mais le prêtre ne semblait pas être d'accord avec les paroles du grand vieillard du village. Après avoir été d'abord silencieux,  il dit alors:
"Pourtant, mes frères, à côté de votre église, j'ai vu un prédicateur debout, et d’après ce que j’ai compris, il vous a accompagné de ses paroles."
Les villageois se regardèrent et ils ne pouvaient pas comprendre:
"De quel prédicateur parle votre sainteté, staretz?"
"Eh bien, c’est votre cimetière. Il se tient là en silence depuis des années et il vous enseigne la vie : ce qui est finalement laissé derrière nous quand nous nous chamaillons et sommes divisés, à quelles choses nous devrions être attentifs et dont nous devrions nous préoccuper. Quelle valeur a l'âme… Où sont vraiment nos richesses…"
Les villageois comprirent alors. Jamais ils n’avaient vu leur cimetière comme une leçon, une école, un maître.
Après que le prêtre eut parlé avec eux pendant un certain temps, il leur donna une bénédiction et quitta le village.
Mais les villageois ne furent pas pressés de partir. Ils allèrent vers leurs frères lointains, leur demandèrent pardon, leur accordèrent leur pardon, et les vieilles rivalités furent abolies.
Dès lors, chaque matin leurs yeux se tournaient vers le cimetière, et apprenaient une leçon, et ils entendaient la Parole de Dieu du prédicateur qui vivait à leur côté depuis des années, alors qu'ils en attendaient un autre venant lui, de la grande ville.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après
Mystagogy

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