"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 27 juin 2017

+ Ephrem Métropolite de Tripoli, al-Koura et de leurs dépendances: Le Père spirituel



Le baptême ne change pas une personne mécaniquement et doit donc être activé dans notre vie par la repentance et la confession. Saint Syméon, le nouveau théologien, dit: «Si une personne n'est pas baptisée dans ses larmes (c'est-à-dire dans la repentance), elle n'a été lavée que dans l'eau». Tout comme la participation à la communion entraîne parfois la condamnation et la mort, de même si le baptême n'est pas accompagné de bonnes œuvres, c'est un arbre desséché. L'apôtre Paul dit: "Quiconque mange ce pain ou boit cette coupe du Seigneur de manière indigne (par exemple, sans préparation) sera coupable du Corps et du Sang du Seigneur" (voir le passage entier, 1 Corinthiens 11: 23-30). Ce passage est lu le Jeudi Saint. Néanmoins, si quelqu'un vient vous vivifier une fois de plus dans l'Esprit, vous devenez une nouvelle création.

L'activité spirituelle n'est pas seulement en fonction de notre position. Un prêtre ne devient pas Père spirituel en vertu de sa position. Si l'évêque remarque un don spirituel qui est venu habiter chez lui, il le déclare père spirituel. Il y a une prière spéciale pour cela dans l'Euchologion. 

Ensuite, il est rendu digne de donner des conseils spirituels. Puis il comprend profondément (par l'Esprit de compréhension) la Parole du Seigneur et il sait comment affronter les péchés, les soigner et les guérir. Le Père spirituel est celui qui engendre le Christ dans ses enfants. Par conséquent, dans l'Église orthodoxe, nous avons des moines et des religieuses qui ne sont pas prêtres, mais qui excercent une paternité et une guidante spirituelle. L'exemple le plus marquant de cela aujourd'hui est le Père Païssios, l'Athonite dont la sainteté a récemment été déclarée: il n'était pas prêtre et n'avait pas d'éducation formelle.

Rappelons ce que l'apôtre Paul a dit aux Corinthiens: "Ce n'est pas pour vous faire honte que j'écris ces choses; mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés. Car, quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n'avez cependant pas plusieurs pères, puisque c'est moi qui vous ai engendrés en Jésus Christ par l'Évangile. Je vous en conjure donc, soyez mes imitateurs. "(1 Corinthiens 4: 14-16).

Bien sûr, les sacrements et la Parole de l'Évangile restent la source de la sainteté. Néanmoins, le Saint-Esprit octroie des dons libres, en dehors des sacrements, tout en restant dans la communion de l'Église, en utilisant des canaux ou sans canaux. L'important est que le Saint-Esprit soit présent et que nous croyons qu'Il est actif, et actif librement.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
article original en arabe 

lundi 26 juin 2017

Métropolite Philarète (ERHF) de bienheureuse mémoire: Les hétérodoxes seront-ils sauvés?

Métropolite Philarète*

Question: Si la foi orthodoxe est la seule vraie foi, les chrétiens d'autres confessions peuvent-ils être sauvés? Une personne qui a mené une vie parfaitement juste sur la terre peut-elle être sauvée par la force de son ascendance, tout en n'étant pas baptisée comme chrétienne?

Réponse: "Car il dit à Moïse: Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j'aurai compassion de qui j'ai compassion. Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde." (Romains 9:15-16)

Dans l'Église orthodoxe, nous avons le chemin du salut qui nous est indiqué et on nous donne les moyens par lesquels une personne peut être moralement purifiée et avoir une promesse directe de salut. En ce sens, saint Cyprien de Carthage dit que "en dehors de l'Église, il n'y a point de salut."

Dans l'Église est donné ce que l'apôtre Pierre écrit aux chrétiens (et seulement aux chrétiens): «Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise, à cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ.(2 Pierre 1: 3-8).
  
Et que dirait-on de ceux qui se trouvaient en dehors de l'Église qui ne lui appartiennent pas? Un autre apôtre nous donne une idée: "Qu'ai-je, en effet, à juger ceux du dehors? N'est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger? Pour ceux du dehors, Dieu les juge." (1 Corinthiens 5: 12-13) .

Dieu "fait miséricorde à qui il veut..." (Romains 9:18).

Il est nécessaire de mentionner une seule chose: "mener une vie parfaitement juste", comme l'a dit l'interlocuteur, signifie vivre selon les commandements des Béatitudes - ce qui est hors de portée de quelqu'un en dehors de l'Église orthodoxe, sans l'aide de la Grâce cachée en son sein.

La question "les hétérodoxes (c'est-à-dire ceux qui n'appartiennent pas à l'Église orthodoxe - l'Église unique, sainte, catholique et apostolique) peuvent-ils être sauvés, est devenue particulièrement pénible et aigüe dans nos jours."

En essayant de répondre à cette question, il faut tout d'abord rappeler que, dans son Evangile, le Seigneur Jésus-Christ lui-même mentionne un seul état de l'âme humaine qui conduit sans relâche à la perdition, à savoir le blasphème contre l'Esprit Saint (Matthieu 12 : 1-32). Le Saint-Esprit est avant tout l'Esprit de vérité, comme le Sauveur aimait s'y référer. En conséquence, le blasphème contre le Saint-Esprit est un blasphème contre la Vérité, une opposition consciente et persistante à elle. Le même texte précise que même le blasphème contre le Fils de l'Homme, c'est-à-dire contre le Seigneur Jésus-Christ, le Fils incarné de Dieu lui-même, peut être pardonné aux hommes, car il peut être prononcé par erreur ou dans l'ignorance et, par la suite, peut être couvert par la conversion et la repentance (un exemple de blasphémateur converti et repentant est l'apôtre Paul Voyez Actes 26:11 et 1 Timothée 1:13.) Si, cependant, un homme s'oppose à la Vérité qu'il appréhende clairement par sa raison et sa conscience, il devient aveugle et commet un suicide spirituel, car il se compare ainsi au Diable, qui croit en Dieu et Le craint, Le hait, blasphème et s'oppose à Lui.

Ainsi, le refus de l'homme d'accepter la Vérité Divine et son opposition en font un fils de damnation. En conséquence, en envoyant ses disciples pour prêcher, le Seigneur leur a dit: "Celui qui croit et est baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera damné" (Mc 16,16), car celui-ci a entendu la Vérité du Seigneur et A été appelé à l'accepter, mais a refusé, héritant ainsi de la damnation de ceux qui "ne croyaient pas la vérité, mais avaient du plaisir dans l'injustice" (II Th. 2:12).

La sainte Église orthodoxe est dépositaire de la Vérité divinement révélée dans toute sa plénitude et sa fidélité à la Tradition apostolique. Par conséquent, celui qui quitte l'Église, qui s'en détache intentionnellement et consciemment, se joint aux rangs de ses adversaires et devient un renégat en ce qui concerne la Tradition apostolique. L'Église a anathématisé ces renégats, conformément aux paroles du Sauveur lui-même (Matthieu 18:17) et de l'apôtre Paul (Galates 1: 8-9), les menaçant de la condamnation et les appelant à revenir au bercail orthodoxe. Il est évident, cependant, que les chrétiens sincères qui sont catholiques romains, ou luthériens, ou des membres d'autres confessions non orthodoxes, ne peuvent être qualifiés de renégats ou d'hérétiques, c'est-à-dire comme ceux qui sciemment pervertissent la vérité... ** Ils sont nés et élevés et vivent selon la croyance qu'ils ont héritée, tout comme la plupart d'entre vous qui êtes orthodoxes; Dans leur vie, il n'y a pas eu un moment de renoncement personnel et conscient de l'Orthodoxie. Le Seigneur, «Qui veut que tous les hommes soient sauvés» (I Timothée 2: 4) et «Qui éclaire tout homme qui vient au monde» (Jean 1.43), les conduit, sans aucun doute à sa manière, vers le salut.

En ce qui concerne la question ci-dessus, il est particulièrement instructif de rappeler la réponse donnée à un interlocuteur par le Bienheureux Théophane le Reclus. Le bienheureux a répondu plus ou moins ainsi:


"Vous demandez, les hétérodoxes seront-ils sauvés?... Pourquoi vous inquiétez-vous pour eux?
Ils ont un Sauveur qui désire le salut de tout être humain.
Il prend soin d'eux. 
Vous et moi ne devrions pas être chargés d'une telle
préoccupation. 
Examinez-vous vous-mêmes, et vos propres péchés...

Je vous dirai une chose, cependant: si vous qui êtes orthodoxe et
possédez la Vérité dans sa plénitude, 
trahissez l'Orthodoxie,
et que vous allez vers une foi différente, 
vous perdrez à jamais votre âme. "

Nous croyons que la réponse précédente du saint ascète est la meilleure qui puisse être donnée dans ce contexte.

Archimandrite (futur métropolite) Philarète.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


NOTE
* Plusieurs années après sa mort, à l'ouverture de son tombeau au Monastère de Holy Trinity (New York, USA), son corps fut découvert sans aucune trace de corruption. 

** Le mot grec pour "hérésie" dérive du mot grec «choix» et, par conséquent, implique implicitement un rejet conscient, délibéré ou une opposition à la Vérité divine manifestée dans l'Église orthodoxe.
 


dimanche 25 juin 2017

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

12/25 juin
3ème dimanche après la Pentecôte

Saint Onuphre le Grand, anachorète en Égypte (vers 400) ; saint Pierre du Mont-Athos, ascète (début du IXème s.) ; saint Arsène de Konev (1447) ; saint Onuphre de Pskov (1492) ; saints Bassien et Jonas de Solovski (1561) ; saint Onuphre et Auxence de Vologda (XV-XVIème s.) .

Lectures : Rom. V, 1–10. Мatth,  VI, 22–33.



SAINT ONUPHRE L’ÉGYPTIEN [1]

V
ers la fin du IVe siècle, saint Paphnuce, qui vivait dans un monastère en Égypte, reçut l’inspiration de s’enfoncer dans le désert profond, afin d’y trouver des hommes de Dieu et de recevoir leur bénédiction. Après quatre jours de marche, ses provisions étant épuisées, il tomba d’inanition. Mais un ange vint le réconforter et le conduisit pendant quatorze jours, sans prendre de nourriture, jusqu’à un homme à l’apparence redoutable. Il était nu et couvert de poil, comme un animal, ne portant autour des reins qu’un pagne fait de branches d’arbres. Il avait l’apparence d’un cadavre, tant sa chair était exténuée par l’ascèse, et ses cheveux, blancs comme la neige, tombaient jusqu’à terre. Il interpella par son nom Paphnuce qui s’était caché, et ayant échangé un saint baiser, il lui raconta l’histoire de sa vie. Il lui relata qu’il était fils du roi de Perse et qu’après sa naissance, obtenue après de longues années de prières, son père avait reçu la révélation de le baptiser sous le nom d’Onuphre et de le conduire aussitôt après dans un monastère d’Égypte, pour le consacrer au service de Dieu. En chemin, une biche l’allaitait, et elle continua de le nourrir de son lait au monastère, jusqu’à l’âge de trois ans. Dans cette communauté exemplaire, l’enfant grandit dans la crainte de Dieu et l’amour de tous ses commandements. Comme il entendait sans cesse vanter les anachorètes, émules du prophète Élie et de saint Jean-Baptiste, qui vivent dans le désert pour Dieu seul, tendus tout entiers vers les biens à venir, et sans aucune consolation humaine, il fut saisi d’un désir insatiable de les imiter. Il quitta finalement de nuit le monastère, et sur la route, son Ange Gardien lui apparut, au sein d’une lumière resplendissante, et lui promit de l’assister jusqu’à la fin de ses jours. Il le guida jusqu’à une grotte où vivait un vieil anachorète d’origine juive, Hermias, qui l’instruisit pendant quelques jours sur le mode de vie des ermites, puis le conduisit jusqu’au lieu de son combat, près d’un palmier et d’une source claire. Par la suite, il lui rendait visite une fois par an, jusqu’à son bienheureux repos. Saint Onuphre mena en ce lieu, pendant soixante-dix ans, un combat sans répit contre la nature, la faiblesse de la chair et les démons. Il endurait la chaleur torride, le froid de la nuit et de l’hiver, la faim, les maladies, pour obtenir les biens promis par Dieua à ceux qui l’aiment ; mais l’assistance divine ne lui fit jamais défaut, chaque fois que cela lui était nécessaire. Quand ses vêtements furent tombés en lambeaux, le Seigneur lui fit pousser sur tout le corps un poil abondant qui le protégeait des rigueurs du climat, et chaque jour un ange venait lui apporter un pain en nourriture. À la question de Paphnuce sur la sainte Communion, le vieillard répondit que chaque dimanche un ange de Dieu venait apporter à tous les anachorètes la sainte Communion qui les remplissait de consolation spirituelle et d’énergie pour poursuivre leurs combats. « Ayant abandonné tout souci de ce monde pour se confier en Dieu seul, nous ne sentons, lui dit-il, ni faim, ni soif, ni autre affliction. Et lorsque l’un d’entre nous désire avec nostalgie revoir les hommes, les anges le transportent en vision au Paradis, où il se voit si pénétré de lumière divine, qu’il en oublie tous ses labeurs et ses peines, et c’est avec une ardeur accrue qu’il reprend son ascèse. » Onuphre conduisit ensuite son hôte jusqu’à sa hutte, où ils continuèrent leur entretien jusqu’au soir. Paphnuce vit alors dans la cellule un pain que Dieu avait envoyé pour eux, et après s’être rassasiés, ils passèrent toute la nuit en prière. Au matin, Onuphre révéla à son hôte que Dieu l’avait envoyé pour se charger de sa sépulture, car le temps était venu pour lui de gagner sa patrie céleste. Et il donna à Paphnuce l’ordre de retourner vers les hommes pour leur enseigner le mode de vie des ermites, afin qu’ils puissent les imiter, chacun selon ses forces. Après avoir prié, il s’étendit à terre, son visage resplendit d’une lumière qui n’était pas de ce monde et un parfum remplit l’endroit. Puis des coups de tonnerre retentirent et le ciel s’ouvrit pour faire place à l’armée angélique tout entière qui venait recevoir son âme. Au milieu de ce concert de fête, la voix du Christ se fit entendre, invitant l’âme de son serviteur à gagner la béatitude. Comme Paphnuce versait des larmes abondantes sur le corps du saint ascète, en se demandant comment ouvrir une tombe dans le sol desséché, deux lions apparurent et creusèrent pour lui une fosse, dans laquelle il déposa le corps. Sur le chemin du retour, il rencontra quatre vieillards qui demeuraient dans une grotte depuis soixante ans, et plus loin, dans un endroit paradisiaque, quatre autres jeunes ascètes. Nobles d’Oxyrynque (à 200 km au sud du Caire), ils avaient renoncé aux études profanes pour apprendre, dans la solitude, la vraie sagesse.  Ils vivaient séparés pendant cinq jours, et se retrouvaient le dimanche, pour recevoir la communion d’un ange. Malgré son désir de rester avec eux, Paphnuce dut reprendre sa marche, et finalement il parvint en Égypte, où il témoigna qu’en vérité des hommes de chair peuvent mener en ce monde une vie semblable à celle des anges. Il passa le reste de ses jours de manière agréable à Dieu, et s’endormit en paix pour rejoindre le séjour des justes.



Tropaire du dimanche, 2ème ton
Егда́ снизше́лъ ecи́ къ сме́рти, Животе́ безсме́ртный, тогда́ áдъ умертви́лъ ecи́ блиста́ніемъ Божества́ : eгда́ же и yме́ршыя отъ преиспо́дныxъ воскреси́лъ ecи́, вся́ си́лы небе́сныя взыва́ху : Жизнода́вче Xpисте́ Бо́́́же на́шъ, сла́ва Teбѣ́.
Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « Ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »
Tropaire des saints Onuphre et Pierre, ton 4
Бо́же оте́цъ на́шихъ, творя́й при́сно съ на́ми по Твое́й кро́тости, не отста́ви ми́лость Твою́ отъ на́съ, но моли́твами и́хъ въ ми́рѣ упра́ви живо́тъ на́шъ.

Dieu de nos Pères, dont la clémence agit toujours envers nous, n'éloigne pas de nous Ta miséricorde, mais par leurs supplications gouverne notre vie dans la paix.
Kondakion de St Pierre l'Athonite, ton 2
Удали́въ себе́ человѣ́ческаго сожи́тельства, въ пеще́рахъ ка́менныхъ и разсѣ́линахъ пожи́лъ еси́, жела́ніемъ боже́ственнымъ и любо́вію, Пе́тре, Го́спода твоего́, отъ Него́же вѣне́цъ прія́лъ еси́. Моли́ непреста́нно спасти́ся на́мъ.
T'étant éloigné de la cohabitation des  hommes, tu as vécu dans les grottes et les cavités rocheuses, mû par un désir divin et l'amour de Ton Seigneur, ô Pierre, et tu reçus de Lui la couronne. Prie sans cesse pour que nous soyons sauvés.

Кондак преподобнoго Онуфрия, гл. 3
Сія́ніемъ Ду́ха Пресвята́го, богому́дре, просвѣ́щся, оста́вилъ еси́ я́же въ житіи́ молвы́, пусты́ню же дости́гъ, преподо́бне о́тче, возвесели́лъ еси́ и́же надъ всѣ́ми Бо́га и Зижди́теля, сего́ ра́ди прославля́етъ тя́ Христо́съ, блаже́нне, вели́кій Дарода́тель.
Tu fus illuminé par l'éclat de l'Esprit très-saint ô sage en Dieu, tu quittas l'agitation de la vie, ô vénérable Père, et tu as réjouis le Dieu et Créateur qui est au-dessus de tous ; aussi le Christ, le grand Dispensateur des dons, t'a glorifié, ô bienheureux.

Kondakion du dimanche, ton 2
Воскре́слъ ecи́ отъ гро́ба, всеси́льне Спа́се, идъ ви́дѣвъ чу́до, yжасе́ся, и ме́ртвiи воста́ша : тва́рь же ви́дящи сра́дуется Тебѣ́, и Ада́мъ свесели́тся, и мípъ, Спа́се мо́й, воспѣва́етъ Tя́ при́сно.
Sauveur Tout-Puissant, Tu es ressuscité du Tombeau : l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur et les morts ressuscitent. A cette vue, la création se réjouit avec Toi ; Adam partage l’allégresse, et le monde, ô mon Sauveur, ne cesse de Te louer !

HOMÉLIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME SUR L’ÉPÎTRE DE CE JOUR
« Nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu », l’apôtre nous découvre tous les biens. à venir. Il dit avec raison : « En laquelle nous sommes établis ». Car telle est la grâce de Dieu ;.elle n'a pas de fin, elle n’a pas de terme, mais elle croît toujours : ce qui n'est point le propre des choses humaines. Par exemple, quelqu'un est en possession d'une dignité, d'un honneur, d'un pouvoir; il ne les conserve pas toujours, mais il en déchoit promptement, car s'ils ne lui sont pas enlevés par un homme, du moins la mort l'en dépouillera complètement. Il n'en est pas ainsi du don de Dieu : ni l'homme, ni le temps, ni les événements, ni le démon même, ni la mort ne peuvent nous en priver; c'est quand nous mourons que nous sommes le plus assurés de les posséder, et nos jouissances ne font que s'accroître de plus en plus. Si donc vous n'avez pas de foi aux biens à venir, croyez-y du moins d'après les biens présents et d'après ce que vous avez déjà reçu. C'est ce qui fait dire à Paul : « Et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu », afin que vous sachiez dans quelle disposition doit être l'âme du fidèle. Car il faut être pleinement assuré,non seulement des biens accordés, mais encore des biens futurs, comme s'ils étaient déjà donnés. On se glorifie des biens qu'on a reçus; mais, nous dit-il, puisque l'espérance des biens à venir est aussi ferme, aussi certaine, que la possession même de ceux que l'on a reçus, il faut donc également s'en glorifier; et pour cela il leur donne le nom de gloire (…) « Mais outre cela, nous nous glorifions encore dans les tribulations». Songez quels seront les biens futurs, puisque nous nous glorifions même de ce qui paraît un mal. Tel est le don de Dieu; il n'y a rien en lui de désagréable. Dans l'ordre des choses humaines, les combats entraînent des peines, des douleurs, des misères; seules les couronnes et les récompenses procurent de la joie; ici, il n'en est pas de même, car la lutte est aussi agréable que le prix. Comme alors les épreuves étaient nombreuses, que le royaume n'existait qu'en espérance ; que les maux étaient présents, les biens en expectative, et que cela brisait le courage des plus faibles ; l'apôtre leur distribue des encouragements avant l'heure des couronnes, en leur disant qu'il faut se glorifier dans les tribulations. Il ne dit même pas : Il faut se glorifier, mais : « Nous nous glorifions», en les encourageant par son propre exemple. Et comme il pouvait paraître étrange, incroyable, qu'on dût se glorifier dans la faim, dans les chaînes, dans les tourments. dans les injures et les opprobres, il en donne la preuve; et ce qu'il y a de plus fort, c'est qu'il affirme qu'on doit s'en glorifier, non-seulement en vue de l'avenir, mais même dans le présent; parce que les tribulations sont par elles-mêmes un bien. Pourquoi ? Parce qu'elles exercent à la patience. C'est pourquoi , après avoir dit : « Nous nous réjouissons dans les tribulations », il en donne la raison en ces termes : « Sachant que la tribulation produit la patience ». Voyez encore une fois la ténacité de Paul, et comme il retourne le sujet en sens contraire. Comme les tribulations décourageaient des biens à venir et jetaient dans le désespoir, il leur dit qu'elles doivent par elles-mêmes inspirer du courage et qu'il ne faut point désespérer de l'avenir. « Car la tribulation produit la patience; la patience, l'épreuve; et l'épreuve, l'espérance. Or l'espérance ne confond point (4, 5) ». Non seulement les tribulations ne détruisent point ces espérances, mais elles-en sont le fondement. Même avant les biens à venir, la tribulation produit un très grand fruit, la patience, et elle éprouve celui qui est tenté. D'ailleurs elle contribue aussi aux biens futurs ; car elle fortifie en nous l'espérance. Rien en effet ne dispose à bien espérer comme une bonne conscience.



[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

samedi 24 juin 2017

Le petit Dimitri et la clairvoyance (R)



En Septembre d'une certaine année, il y avait beaucoup d'agitation observée dans le département d'oncologie de l'hôpital universitaire de Rion. Le petit Dimitri demandait d'urgence le prêtre de l'hôpital. Il insistait pour recevoir immédiatement la Sainte Communion...

Il avait 13 ans. Il était dans cette clinique spécifique depuis environ un an et demi. Un léger mal de tête l'avait amené là. Les médecins avaient diagnostiqué un cancer du cerveau. Sa ville natale était Fieri en Albanie; ses parents n'étaient pas baptisés. Ils avaient vécu à Patrae pendant plusieurs années. Peu de temps après son admission à l'hôpital, le jeune garçon avait demandé à être baptisé. Il avait entendu parler du Christ, et il voulait devenir un de Ses "enfants". Il fut baptisé, "au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit" - après la catéchèse nécessaire, bien sûr.

Tout le monde dans la clinique l'aimait beaucoup. Le cancer avait beaucoup progressé, et l'avait désormais privé de la vue. Il était tout à fait incapable de voir quoi que ce soit et qui que ce soit. Mais il pouvait écouter avec la plus grande et la plus étonnante patience. Il ne se plaignait jamais. Il disait que Dieu l'aimait beaucoup. Il priait, et demandait à ses parents de faire de même.

Tous ceux qui lui rendaient visite pouvait percevoir qu'il y avait quelque chose de différent chez ce garçon. Il parlait sans cesse de Dieu. Il était toujours courtois et heureux. Son visage brillait. Il voulait recevoir fréquemment les précieux Dons [la Communion]. Quand sa mère était parfois dans un autre endroit de la clinique, il lui criait:

"Maman, viens vite! Le Père vient, avec le Christ! Il monte l'escalier! Viens me préparer!"

Et c'est exactement ce qui se passait: le prêtre venait, et il trouvait le petit Dimitri assis sur son lit, la bouche grande ouverte et se signant avec révérence. Même s'il ne connaissait pas l'heure exacte d'arrivée du prêtre, il pouvait le "voir" venir, avec son don de clairvoyance - et cela, malgré les deux portes fermées entre sa chambre et le couloir d'où le prêtre venait. Cela a été vérifié par la pieuse Madame Maria Galiatsatou, qui s'était portée volontaire pour s'occuper de ce garçon.

"Madame Maria, je veux vous dire quelque chose", lui dit-il un jour. "Quand le Père vient avec le Christ, je peux le voir approcher tandis qu'il monte l'escalier, et à côté de lui, il y a deux grandes et belles personnes avec des robes d'un blanc pur, qui se penchent vers le Saint Calice pour le protéger, avec leurs bras tendus. "

Un jour, quand le médecin lui a demandé: "Comment vas-tu, mon petit Dimitri?"

Il a répondu: "Monsieur le Docteur, puis-je vous dire quelque chose en privé? Je vais très bien. Mais vous ne devriez pas vous faire tant de soucis parce que votre femme est partie. Dieu sera avec vous, parce que vous êtes une bonne personne."

Le médecin est resté figé pendant un instant. Personne d'autre n'était au courant de l'incident grave survenu la veille, chez lui: sa femme l'avait abandonné, pour s'en aller avec un autre homme...

" C'est un enfant de Dieu!" était ce que disaient ceux qui l'avaient rencontré.

La dernière fois qu'il a reçu la Sainte Communion, il était incapable de s'asseoir dans son lit, mais allongé là, il a reçu le Christ avec joie et désir ardent.

"Merci beaucoup", murmura-t-il, puis il s'endormit pour toujours. Quand le prêtre est allé à la morgue le lendemain pour lire la prière du Trisaghion pour le petit Dimitri, il a remarqué:

"C'est la première fois de ma vie que je voyais un cadavre comme cela. Son visage était souriant... Il était rayonnant... et il avait la couleur de l'ambre. "*

Ses parents en sont venus à beaucoup aimer le Christ, et maintenant, ils veulent aussi être baptisés...

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
et
+

* L'un des signes que l'Orthodoxie reconnaît comme signe de sainteté chez un défunt, est aussi la couleur de la peau, qui prend un aspect d'ambre translucide.

jeudi 22 juin 2017

Nicoulina Stoïcan: J'ai perdu beaucoup de choses dans ma vie


J'ai perdu pendant ma vie beaucoup de choses , 
mais je les ai considérées comme des bagatelles !                                             
J'ai perdu tout ce que je possédais, 
mais j'ai apprécié de ne l’avoir jamais gardé !                                       
Ce que j'ai perdu je ne veux pas le voir revenir en ma possession !                   
Je recommence toujours à vivre ma vie!                                   
J'ai perdu mes amours... 
mais j'en ai trouvé de nouvelles !                                   J
'ai perdu beaucoup de voisins... e
t  nombre d’entre eux sont devenus des ennemis !                                        
Mais je ne me venge pas ... 
pour leur montrer que je possède une âme généreuse !                                                  
Je n'ai pas tenu compte de mes déboires... 
et j'ai continué à vivre ma vie, plus ou moins confortablement, 
conformément au Jugement de Dieu !     
Mais j'ai exclu la haine...                    
J'ai fait des efforts pour construire le bien !                                  
Si j'avais procédé autrement, 
il serait possible que je sois morte depuis longtemps !

Version française Dr Daniel ALECU
que nous remercions.